La laguna 69, il faut la mériter !

Écrit par Rita Berrada.

Emballée par ma première rando, je pousse donc mon courage jusqu’à tenter la 2ème rando, qui implique, elle, non pas 40 min de marche, mais 3 bonnes heures de grimpe, à plus de 4000 m d’altitude !

Départ à 6h, ponctuel cette fois L, très belle route, sommets enneigés, piste et musique péruvienne tjs au rdv.

Stop maté de coca (authentique avec les feuilles ;)) dans un petit café tout à fait charmant, avec son petit jardin. Je retrouve Ben, un australien que je croise depuis 2 jours : le 1er jour à Huaraz à l’agence de voyage où je me renseignais pour les tours, le 2ème jour au glacier Pasterori, il était dans un autre mini van. Pour ce tour là, on est dans le même mini van. On papote un peu en sirotant notre maté de coca et en partageant nos angoisses quand à l’effort physique qui nous attend.

Image00003     Image00004

Nous reprenons la route puis 1er stop pour une lagune magnifique : Llanganuco si j’ai bien suivi, au milieu des montagnes, à un peu moins de 4000 m d’altitude. La couleur de l’eau est juste incroyable et l’ensemble est digne d’une carte postale !

Image00007

On arrive ensuite au point de départ de la rando, c’est parti donc pour 14 km de marche  avec 700 m de dénivelé.

Bon au début, je ne me rends pas tellement compte de la difficulté, je me laisse vite émerveiller par ses montagnes qui m’entoure, je prends pas mal de photos…

Image00010     Image00011     

Image00013

Et je me retrouve très très vite en queue de peloton, de la cinquantaine de randonneurs, accompagnée d’un petit groupe de 4 ou 5 mecs israéliens, que j’ai fini par dépasser parce qu’ils s’arrêtaient toutes les 10 min pour faire une pause. En mm tps, ils n’ont pas arrêté de parler pendant tout le trajet, je ne sais pas où est ce qu’ils ont trouvé tte cette salive pour déballer autant de mots, moi j’étais incapable de taper la discute avec qui que ce soit, tellement j’étais concentrée sur l’effort.

Car, oui ça grimpe sec ! De la pente à 4000/ 4700m d’altitude, je ne vous raconte pas comment je les ai senti les km !

C’était franchement dur ! Malgré les quelques pauses que je prenais fréquemment pour reprendre mon souffle. Au comble de l’effort, j’entendais littéralement mon cœur battre dans mes oreilles et à l’intérieur de ma tête !

Malgré les difficultés physiques, je tombe complètement sous le charme des paysages qui s’offrent à moi, et dont je n’arrive pas à me lasser… Au fur et à mesure que je prends de la hauteur, je trouve l’angle de vue encore plus impressionnant !

 Image00014     Image00002

Au détour d’un virage, la lagune apparaît :

Image00015

La blaaague !!! Mais non, ce n’est pas celle là, ça c’est juste un appetizer J A partir de ce point là, les paysages deviennent de plus en plus enneigés, le blanc de la neige se confond même avec les nuages, et avec le ciel gris qui assombrit les montagnes, on se croirait dans un décor lunaire !

Image00001     Image00017     Image00019

Au bout d’un peu plus de deux heures de marche, je n’en peux plus ! Je continue à me répéter mentalement « un pied devant l’autre », « you can do it », et me laisse encourager par les randonneurs qui sont déjà sur le chemin du retour et qui répondent « humm fifteen minutes » à la question « how far is it still ? » et chaque fifteen minutes, c t encore un autre « fifteen minutes », et les gars plus haut, criaient « c’est bon, je la vois la lagune, on y est presque ! » Une espèce de solidarité de groupe assez touchante ! J

Image00026Après 3 bonnes heures et quelques, me voilà donc enfin à la laguna 69 ! C’est très beau ! Dans le creux de la montagne, avec le reflet des sommets enneigés…

Image00027     


     Image00028    Image00025

Bon, c’est peut être pas beaucoup plus beau que la 1ère lagune où on s’est arrêté sur le chemin et qui n’a demandé aucun effort physique J mais de ttes les façons, après autant d’effort, on est obligés de trouver ça beau ! J Et puis c’est le tout : la rando en soi, avec ses multiples paysages et multiples cascades, le dépassement de ses capacités physiques et mentales, le fait d’être au milieu de la nature pendant plusieurs heures, la solidarité du groupe…l’ensemble était très beau !

Je me pose un peu pour contempler le paysage, je retrouve Ben qui est arrivé une heure environ avant mieux (c’est sûr que tout le monde n’est pas une limasse comme moi J). Je fais un petit tour autour de la lagune, à un moment, on entend un bruit grave et assourdissant : c’est une avalanche à laquelle on assiste en live sur le flanc enneigé de l’autre côté de la lagune ; assez impressionnant ! Bon sur la photo, on ne voit pas grand-chose, on devine à peine le nuage de neige en haut, mais c’était assez impressionnant ! Et ça refroidit quant à l’alpinisme ; bon je ne pense pas qu’ils en font sur ce sommet précisément, mais si ça arrive sur ce sommet, c’est que ça peut aussi arriver ailleurs. Quelques secondes, suffisent pour que cette nature si belle, si paisible et si majestueuse, se transforme en force destructrice qui terrasse tout sur son passage! Comme dans toute chose, il y a aussi le dark side à côté du good side.

Image00018

Anyway, j’ai mis tellement de temps à monter que je n’ai pas bcp de tps pr trainer, car les bus repartent à heure fixe et il faut se taper tout le chemin du retour ! Donc au bout d’1/2 h, je décide d’entreprendre la descente. Ben m’accompagne. La descente est bcp plus facile, mm s’il faut faire attention à ses genoux. Ça reste quand même très très long et on se dit « Ah ouai …j’ai qd mm monté tt ça ! Eh bein ! »! C’est qd mm vachement plus agréable d’avoir de la compagnie, car pour le coup, on peut discuter et ça fait passer le temps.

Nous tombons malheureusement à court d’eau, plus une goutte dans nos bouteilles respectives (prévoir plus d'un litre par personne si vous y allez un jour), le soleil tape assez fort et avec l’effort, on commence à sentir la déshydratation, à tel point, qu’on envisage même de boire à même la petite rivière qui traverse le site.

On résiste, pour l’heure qu’il nous reste et à l’arrivée, on se jette sur l’eau, du coca, pour la dose de sucre et un petit truc à grignoter.

Tout le monde est super KO et tout le monde se congratule d’avoir réussi, c’est clair qu’il y a de quoi être fiers !

     Image00021

La route du retour est magnifique, toujours aussi bumpy, mais elle longe des lagunes et des sommets magnifiques ! 

Image00008     Image00022

Image00023     Image00024

Le bus passe aussi devant plein de petits villages de campagne typiques, où on peut voir les femmes en tenue traditionnelle laver leur linge dans la rivière, les enfants courir dans les prés, ça donne envie de s’arrêter…précisément le genre de moment où il est préférable d’avoir une voiture, encore mieux, un camping car ! pour être libre de s’arrêter où on veut, prendre le temps et non pas subir le rythme d’une excursion organisée.  

C’est marrant comment cette vie rurale peut m’attirer des fois, comme quand j’allais visiter des fermes pendant mon précédent boulot et que je me disais, ahh je passerai bien quelques temps ici ! Non pas que j’aime la compagnie des vaches et des poules, pas vraiment, mais plutôt pour le calme qui y règne, avec comme fond sonore les bruits de la nature au lieu des klaxons et des bruits des motos ; et aussi pour l’espace que ça offre : une vue sur un champ c’est tout de même beaucoup plus plaisant qu’une vue sur l’immeuble d’en face. Mais bon, c’est mieux une campagne pas trop trop loin de la ville non plus J ou juste pour quelques temps, je ne sais pas !

Ça me remets d’ailleurs à l’esprit ce projet qui me trotte dans la tête depuis quelques temps, d’aller faire une petite semaine de rando dans l’atlas marocain, avec mulets, guide et tout le tralala ; marcher de village en village, dormir chez l’habitant, sociabiliser, retrouver les choses simples… Je suis sûre que ça serait une très très belle aventure, seulement, je ne me sens pas vraiment de la faire seule, je lance donc un appel aux volontaires J

Anyway, tout ça pour dire, que ces 2 jours de rando ont été vraiment magnifiques mais m’ont laissée un peu sur ma faim : j’aurai aimé visiter les villages avoisinants, aller trouver des view point pour voir le soleil se coucher au dessus des montagnes, faire un petit tour en barque sur ces lagunes transparentes…

A mon retour à Huaraz, je suis un peu perdue, je ne sais pas si je quitte déjà ou pas… Je me renseigne un peu pour les options que j’ai et elles ne sont pas fameuses. En termes d’activités organisées, il reste des treks de 2/4/6/10 jours en haute altitude (avec des nuits en montagne), ou de l’escalade, autant dire que je ne me sens pas vraiment le calibre pour ça. Pour ce que je veux faire moi, il n’y a pas de « tours organisés » pour ça, ça devra être à la carte, cad bcp plus cher et surtt sola, avec un guide inconnu, je ne suis pas tout à fait rassurée (à tord ou à raison d’ailleurs).

Je laisse la nuit me porter conseil et le lendemain matin, je me résigne finalement à quitter Huaraz, non sans regret.

Par ailleurs, je suis contente de me réveiller sans trop se séquelles (même pas de courbatures, alors que j’ai bien senti mes mollets et mes chevilles pendant toute la marche), pas de crève non plus, j’aurai juré que je n’y aurai pas échappé, parce que mon t shirt était complètement trempé suite à l’ascension, et il y avait un vent assez froid, puis soleil, un coup c’était casquette et Tshirt, un coup c’était polaire et bonnet ; bref, je m’en sors très bien lhamdoullah, c’est cool ! J

 

Comments (2)

Please login to comment

Visit the new site http://lbetting.co.uk/ for a ladbrokes review.